facebook youtube twitter

Test de Xenoblade Chronicles

par Hevdren

logo
Notation
 Scénario
14
 Gameplay
16
 Graphismes
15
 Musique
17
 Durée de vie
17

Xeno... la simple évocation de cette particule suffit à faire frémir les oreilles de nombreux fans de RPG japonais. On se souvient tous du désormais culte Xenogears, ou encore Xenosaga dont seul le second épisode de cette trilogie est paru sous nos latitudes (essayez de lancer F.A.T.E sur le sujet vous verrez ça vaut son pesant de cacahuètes... mais ça reste entre nous hein !). Xenoblade, quant à lui, a vu le jour au pays de soleil levant (jeu de mot pourri inside) le 10 juin 2010 pour arriver chez nous le 19 août 2011. Dès sa sortie la critique a été unanime, certains le qualifiant même de meilleur RPG de la génération (To be or not to be, that is the question). C'est donc avec de grands espoirs que j'ai lancé le jeu. Alors, consécration ou grosse désillusion ?

Scénario

Imaginez un monde où domine un océan sans fin, avec pour seule terre deux gigantesques colosses, le Bionis et le Mekonis, se livrant un combat sans merci. Jusqu'au jour où ces géants se portent simultanément l'estocade fatale les laissant inertes, chaque guerrier voyant son épée plantée dans le corps de l'adversaire. Au fil des millénaires la nature reprend ses droits et la vie commence à apparaître. Sur le Bionis une forme de vie organique naquît, représenté par les Homz, alors que du Mekonis surgirent les Mekons, créature mécaniques. Pour une raison inconnue une guerre éclata entre ces espèces, atteignant son paroxysme lors de la bataille de la vallée de l'épée. Depuis cet affrontement un an s'est écoulé, on contrôle désormais un jeune Homz répondant au nom de Shulk vivant dans l'une des cités présente sur le Bionis, la colonie 9. C'est suite à l'attaque sa ville natale par les Mekons que notre héros, motivé par son désir de vengeance, va débuter un périple armé de la seule arme capable de terrasser ces ennemis fait d'acier : la Monado.

Avec Tetsuya Takahashi aux commandes, l'on pouvait espérer un scénario de grande qualité. En réalité, et ce malgré un pitch original, il se révèle très classique. L'intrigue reste globalement agréable mais ne parvient pas à s'extraire des carcans habituels du genre. Les situations rencontrées sont souvent convenues et les rebondissements scénaristiques prévisibles. Seules les dernières heures de jeu parviennent font exception à ce constat. La trame se débloque et sort enfin des sentiers battus, reprenant les questions métaphysiques si chères à Takahashi, même si les dialogues restent souvent clichés. Une fois la cinématique de fin passée on en ressort avec une impression mitigée : heureux tout d'abord, car après plus de 50h d'attente Xenoblade montre son vrai visage, mais d'un autre coté frustré car une impression persiste, celle selon laquelle si l'histoire avait été mieux construite il aurait été possible d'assister à une aventure bien plus riche. D'autant plus que des problèmes de rythmes sont à déplorer, notamment à partir des 2/3 du jeu ou le joueur aura à affronter un gros passage à vide. On se retrouve donc devant une aventure globalement plaisante à suivre mais dont le potentiel ne parvient pas à s'affirmer.

Les huit protagonistes qui composeront notre groupe manquent eux aussi d'originalité. Le character design reste tout à fait convenable (sauf peut être Reyn qui fait un peu tête à claque), mais un peu plus de singularité aurait été bienvenue.
La facette psychologique réserve, là aussi, peu de surprises. En effet, un certain classicisme demeure, les protagonistes sont généralement plaisants mais restent toujours dans le " politiquement correct ", ne s'échappant jamais des codes du RPG japonais. Xenoblade souffre de trop de stéréotypes, de bons sentiments et ce tout au long de l'aventure. C'est d'autant plus dommageable qu'il y avait matière à créer des personnalités bien plus approfondies.
La construction des relations a fait, quant à elle, l'objet d'un plus grand soin. On sent une volonté de faire du joueur un acteur de l'évolution des liens entre tout nos héros, par le biais de nombreuses d'interactions (sur lesquelles je reviendrai plus tard). Mais on retrouve les problèmes cités précédemment (stéréotypes...) qui gâchent des idées pourtant intéressantes.

Test Xenoblade    Test Xenoblade    Test Xenoblade
Gameplay

Xenoblade laisse une très grande part au jeu et dans cette perspective le système de combat prend une place primordiale. Les affrontements se déroulent en temps réel avec une équipe composée de 3 membres. Chacun d'eux dispose, en plus d'une auto-attaque, de skills accessibles via une barre d'une capacité maximale de 8 emplacements. Tout l'intérêt réside dans la capacité à trouver l'enchainement le plus efficace possible et à le répéter sans cesse. Le moral de l'équipe, appelé tension, jouera aussi un rôle important dans le sens ou, si vos alliés sont découragés la probabilité de toucher l'ennemi, et a fortiori de faire des coups critiques, sera grandement altérée. Bien entendu l'opposé s'applique lorsque leur combativité est au maximum.
Des QTE, dont le principal effet sera d'augmenter la jauge de formation, pourront apparaître durant les batailles. Cette dernière pourra être utilisée de différentes façons puisqu'elle vous permettra, notamment, de ranimer vos coéquipiers tombés au combat ou de lancer un puissant enchainement une fois entièrement remplie. D'autres interactions seront disponibles quand il s'agira d'encourager des alliés dont la motivation est au plus bas ou de les relever suite à une chute. De même, la Monado confère à Shulk la capacité de voir dans le futur. Cette faculté, en plus d'avoir une incidence scénaristique, est aussi un élément de gameplay à part entière. Il sera dés lors possible de prévoir certaines attaques et ainsi de réagir en conséquence.

Malgré toutes les qualités que peut avoir ce système il en ressort un manque de profondeur trouvant principalement ses origines dans une certaine redondance des combats. Même si de nombreuses interactions viennent apporter de la diversité, en substance la stratégie à adopter ne change que très peu puisqu'il suffit généralement de répéter la même combinaison d'attaques quelque soit la situation dans laquelle on se trouve. L'enchainement, réalisable dés que la jauge de formation est remplie, porte une certaine tactique en autorisant le contrôle des alliés. On peut dés lors utiliser cette capacité soit pour porter le plus de dommages possible à l'ennemi ou encore se concentrer sur les sorts de soins dans l'optique de sortir d'une mauvaise passe. Mais, malgré tout, cela se révèle relativement limité.
D'autres défauts seront malheureusement de la partie. On note ainsi une caméra qui a tendance à s'égarer (d'autant que plus que la maniabilité wiimote n'est pas des plus pratique pour ce qui est de la replacer convenablement), des commandes qui ont quelques fois du mal à s'enregistrer ou encore une IA pas toujours performante (visible surtout en ce qui concerne les soins avec des compères qui ne choisissent pas le sort approprié ou qui mettent du temps à réagir...).

En dehors de son système de combat le gameplay de Xenoblade s'avère très riche et rappelle beaucoup les MMORPGs. Il intègre notamment un système d'upgrade des compétences. A la fin de chaque affrontement, en plus des habituels points d'expériences, vos personnages recevront des points d'arts (PA) qui pourront être utilisés à cette fin. Cependant les niveaux supérieurs pourront être débloqués qu'après avoir déniché les parchemins adéquats. De même, chaque intervenant dispose aussi d'un arbre de compétence les dotant de nouvelles capacités telles qu'accroitre les effets de sorts de soins, la défense physique et/ou magique... A noter qu'il est possible de partager ces divers bonus avec vos coéquipiers à la condition d'avoir tissé suffisamment de liens avec la personne en question.
Il est impossible de ne pas s'étendre sur le système d'équipement dont la principale originalité se situe dans la possibilité de sertir les armures de gemmes attribuant, la aussi, divers avantages (améliorer les statistiques de vos combattants...). Celles-ci sont créées en combinant des cristaux ou des cylindres d'éther que l'on trouve majoritairement dans les gisements ou dans les coffres laissés à la fin des affrontements. Ce système, en plus d'une plus grande personnalisation des membres de notre groupe, permet d'élaborer des stratégies en désignant, par exemple, le personnage qui va attirer l'attention des ennemis, laissant ainsi à ses partenaires tout le loisir de les attaquer.
Il faut aussi savoir que le nombre d'objets que vous allez récupérer durant votre périple est important... très important... extrêmement important ! Parallèlement l'inventaire est tout sauf ergonomique. Loin de faciliter la navigation parmi les innombrables articles en votre possession il se révèle en réalité assez mal conçu. Les armes de la troupe se mélangent, de même pour les armures mais le plus embêtant reste les items de quête qui se confondent avec tous les autres. Dès lors, il est très difficile de s'y retrouver dans l'équipement de chaque intervenant, de faire des comparaisons et il arrive fréquemment que l'on vende des artefacts nécessaires à une quête sans prendre garde.

Test Xenoblade

Avant la sortie de Xenoblade, Monolith avait axé sa communication sur la liberté et les grands espaces. Autant dire que le résultat est là. Dés les premières heures de jeu les couloirs s'écartent pour offrir un panorama que l'on aimerait voir bien plus souvent dans les RPG Japonais. On se retrouve alors devant une plaine s'étendant à perte de vue au fond de laquelle on distingue une ville construite au-dessus d'un lac. On prend un plaisir fou à parcourir cette étendu d'herbe, à se baigner, à explorer chaque coin de la carte. Ce paysage n'est pas la seule surprise que vous réservera le bébé de Monolith puisque l'aventure vous permettra de traverser des lieux divers et variés tel que des marais qui ne révèlent leurs caractère enchanteur que la nuit tombée, ou encore une mer que l'on ne se lasse pas d'admirer. Il est simplement dommage qu'après avoir habitué le joueur à cette liberté celle-ci lui soit retiré, le soft cédant à l'appel des couloirs pendant de nombreuses heures. A partir de ce moment, toutes ces étendues disparaissant au profit d'environnements industriels, bien plus ternes et bordés soit par des murs immenses ou tout simplement du vide laissant ainsi place à une progression bien plus fastidieuse.
Pour résumer même s'il est loin d'être exempt de défauts, le gameplay de Xenoblade se révèle très complet, dynamique, le tout couronné par une très grande liberté dans l'exploration qui ne laisse vraiment pas indifférent.

Test Xenoblade    Test Xenoblade    Test Xenoblade
Graphismes

Si sur le plan artistique Xenoblade s'en tire avec les honneurs, du moins pendant une bonne partie de l'aventure, la qualité graphique n'est pas toujours au rendez-vous. Monolith a fait le choix des grands espaces, de la liberté au détriment des polygones. En extérieur l'originalité des lieux et la démesure font que l'on ne remarque que peu ces défauts techniques, a contrario ceux-ci prennent toute leur ampleur dans les lieux fermés dans lesquels les environnements apparaissent bien moins inspirés, les textures peu soignées. Le rendu des personnages à l'écran est lui aussi pour le moins...surprenant. Plus anecdotique, le changement des armures est visible à l'écran ce qui est plutôt appréciable malgré le fait que certaines armures (principalement les lourdes) sont relativement disgracieuses. Pour conclure on peut dire que Xenoblade n'est pas moche à regarder, loin de la, compte tenu de la puissance de la console et de la taille des environnements mais cette qualité graphique doit aussi beaucoup à la direction artistique très réussie.

Test Xenoblade    Test Xenoblade    Test Xenoblade
Bande son

Des environnements ouverts, un sentiment de liberté, des paysages enivrants... seule une grande OST manquait à ce tableau idyllique. Les compositions de Yasunori Mitsuda, Yoko Shinomura, Manami Kiyota et ACE + remplissent parfaitement cette fonction. Chaque piste, telle Hometown ou Daily Life, donne l'impression de découler naturellement des lieux visités, invitant à l'exploration. La musique devient quasiment une part du gameplay tant celle-ci ne fait qu'un avec le plaisir de la découverte. Le cycle Jour/Nuit est lui aussi pris en compte, les mélodies se faisant dès lors plus lentes, mystérieuses, mais tout aussi agréables. Vous l'aurez compris, les thèmes en extérieur sont tout simplement superbes, et collent parfaitement aux différents sites, créant une ambiance sonore époustouflante. Il en va de même pour les battle themes tout aussi réussis. L'écoute d' Unfinished Battle, Engage the Ennemy ou encore Time To Fight suffit amplement à s'en convaincre. Le seul petit bémol que l'on peut émettre concerne les sessions de jeu en intérieur dans lesquelles la magie fait moins effet.
Pour conclure, on peut dire que l'Original Soundtrack de Xenoblade Chronicles est une véritable ode à la liberté, prenant son ampleur en parcourant les vastes étendues jalonnant votre route et qui, par conséquent, perd un peu de sa superbe dans les espaces plus cloisonnés.

Test Xenoblade    Test Xenoblade    Test Xenoblade
Durée de vie

De ce point de vue vous en aurez largement pour votre argent. En ligne droit le scénario se termine avec environ 60 à 70h de jeu, sans compter le nombre important de quêtes annexes et autres " à cotés " que vous réserve le jeu, et qui feront monter le compteur jusqu'à dépasser la centaine d'heures. Durant votre périple de très nombreux PNJ vous demanderont de l'aide. Mais ces quêtes sont très répétitives et ne se renouvellent jamais. Il s'agira bien souvent de récupérer des objets, tuer un certain nombre de monstres... Bref rien de bien enthousiasmant. Si le plaisir de découvrir la moindre parcelle des cartes n'était pas présent, celles-ci deviendraient assez vite lassantes.
En fonction des relations entre les membres de votre groupe il sera possible d'assister à des têtes à tête. Si l'idée est plaisante, laissant l'impression au joueur de prendre part dans la construction des affinités, ceux-ci n'apportent - pour tout ceux que j'ai vu en tout cas- pas grand-chose, ne précisant ni la psychologie des personnages ni les liens entre eux. On se limite souvent à des conversations sans grand intérêt. Le soft vous réservera d'autres annexes, tel que remplir le sociogramme qui correspond à la schématisation des liens entre les PNJ et les personnages, ou améliorer votre réputation au sein de villes mais cela aussi se révèle assez redondant à la longue.

Test Xenoblade    Test Xenoblade    Test Xenoblade

Xenoblade Chronicles fait partie de ces jeux dans lesquels l'on passe plus de temps à découvrir les moindres recoins de la carte qu'à réellement avancer dans l'histoire. Tout est fait pour favoriser l'exploration, en passant des quêtes annexes disséminées aux quatre coins du globe, à l'expérience gagnée à chaque découverte, jusqu'à la direction artistique fabuleuse (tout au moins pendant une bonne partie de l'aventure). Cependant cette liberté a, en contrepartie, imposé certaines restrictions telles qu'un scénario assez décousu, bien en deçà de ce qu'il aurait pu être, mais également un coté MMORPG un peu trop prononcé, laissant transparaître certains défauts inhérents au genre. Quoi qu'il en soit, malgré ces quelques écueils, le titre de Monolith possède nombre de qualités et vous tiendra scotché de nombreuses heures à votre écran.

Points forts
Points faibles
La redécouverte de la liberté avec un grand L dans un J-RPG
Des environnements en intérieur bien ternes et peu inspirés
La direction artistique de haute volée
Gestion de l'inventaire peu pratique
L'OST véritable ode à la liberté invitant à la découverte
Un système de combat dynamique mais qui manque de profondeur et peu devenir redondant
Un système de jeu complet et varié (arbre de compétence, sertissage des armures...)
Des quêtes annexes nombreuses mais peu passionnantes
Test Xenoblade
© 2009 - 2015 Universalsoluce.com (anciennement Airpg.fr) | Toute reproduction interdite | Mentions légales