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Test de Shadow Hearts 2

par Hevdren

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Notation
 Scénario
17
 Gameplay
17
 Graphismes
16
 Musique
17
 Durée de vie
16

La série des Shadow hearts, fils spirituel de Koudelka sorti en France sur PS1 le 27 septembre 2000, bénéficie d'une excellente réputation, il n'y a qu'à voir son prix sur le net pour s'en assurer. Après un premier opus plutôt réussi même si perfectible, la série des Shadow Hearts revient donc dans un second épisode sous-titré "Covenant" paru en France le 11 mars 2005. Contrairement au premier épisode, ce n'est pas Sacnoth qui a eu la tache de le développer mais Nautilus, à qui l'on devra aussi Shadow Hearts "From the New World". La question qui se pose dès lors, est de savoir si ce changement de développeur a été profitable à la série.

Shadow Hearts : Covenant étant la suite directe du premier il est fortement préférable (pour ne pas dire obligatoire) d'avoir fini le précédent volet !

Scénario

Shadow Hearts : Covenant prend donc place peu de temps après les évènements qui eurent lieu dans Shadow Hearts. L'aventure débute lors de la première guerre mondiale, en 1915 pour être plus précis. Un lieutenant de l'armée Allemande, Karin Koening, est alors envoyé dans le Village de Domremy avec pour objectif de tuer un démon. Pour cela, elle est chargée d'accompagner un membre du Vatican, Nicolaï, dans la tour d'Apoina pour y récupérer un objet, The Holy Mistletoe, capable d'exorciser les démons.

De manière générale, le scénario s'avère mature et indéniablement sombre. Au-delà du contexte historique utilisé, le jeu propose une aventure mêlant conflits politiques, sociétés secrètes, sciences occultes tout en abordant de nombreux thèmes (la mort, le destin...). Malgré quelques petites incohérences (par exemple Karin, qui a déserté l'armée Allemande, peut se balader comme elle le souhaite à travers toute l'Europe), Shadow Hearts : Covenant parvient à offrir une aventure mêlant à la fois le monde réel et la magie noire, très addictive au demeurant, dans laquelle l'intérêt du joueur sera sans cesse renouvelé aussi bien par les twists scénaristiques que par les nombreux personnages qui viendront se greffer à ce périple. Les évènements qui eurent lieu dans le premier opus, auront aussi une importance capitale. Ceux-ci ont laissé des traces, notamment pour Yuri, et donneront lieux à des scènes qui comptent parmi les meilleures du jeu. Il est tout à fait possible de faire Covenant sans avoir joué le premier opus mais, à mon sens, cela empêche de comprendre dans leur totalité, la portée de certains actes/évènements ou encore le personnage de Yuri. Bref on perd pas mal au change.

En plus de son synopsis travaillée ce second épisode peut aussi compter sur son humour. Le jeu est parsemé de séquences humoristiques, dont certaines sont très réussies. On peut citer, à titre d'exemple, toutes celles avec le ring soul, celles résultant de la découverte des armes de Joachim ou encore certaines répliques de Yuri.


Le casting dénote aussi de la grande majorité des RPG japonais. Les 8 personnages jouables sont tous très différents et possèdent chacun un style propre. Ainsi on retrouvera un vieillard, un loup, une diseuse de bonne aventure... Le design, de manière générale, est plutôt agréable et change drastiquement des standards du J-RPG même s'il est moins inspiré pour certains de ces protagonistes.

En ce qui concerne la psychologie, le jeu repose essentiellement sur le duo Yuri/Karin la seconde permettant au premier de se dévoiler tout au long de l'aventure. Autant le dire tout de suite ce duo fonctionne très bien. Si dans le premier Shadow Hearts le travail apporté au personnage de Yuri était l'un des points fort du jeu, Shadow hearts : Covenant la reprend mais en l'enrichissant de tout ce qu'il a vécu, livrant ainsi l'un des meilleurs héros que j'ai pu voir dans un J-RPG. Celui-ci est plus mature que dans le premier opus mais se pose toujours de nombreuses questions, confronté à ses démons. Il est seulement regrettable que ce soit le seul des protagonistes à être autant développé, même si Karin reste un excellent personnage.

Le rôle alloué à la demoiselle, nous permettre de découvrir Yuri, fait d'elle l'un des intervenants les plus importants. C'est grâce à elle que notre héro va se dévoiler tout au long du jeu et ainsi nous laisser entrevoir les méandres de sa personnalité. Malgré cela, Karin se révèle être plus qu'un simple "faire valoir" mais un personnage vraiment agréable et attachant qui aurait certainement gagné à être plus développé (on ne connait que très peu son histoire par exemple).
En marge de ces deux "ténors" les autres personnages paraissent un peu creux. En effet, chacun des autres protagonistes possède sa propre histoire mais ceux-ci sont assez peu développés, alors qu'ils auraient pu se révéler intéressant. Faire les quêtes annexes permet d'apporter des précisions sur leur passé et d'approfondir leur personnalité mais cela reste, malgré tout, relativement léger.

Le casting de Shadow Hearts Covenant vaut aussi pour son "grand méchant" très réussi. Celui-ci est humain et a de véritables raisons. On le comprend, voire on s'attache à lui. Il est aussi intriguant de part la complexité du lien qui l'uni à Yuri...

Gameplay

Les combats se présentent sous la forme d'un tour par tour classique avec une équipe de 4. Le second opus a conservé ce qui faisait l'originalité des batailles de son ainé : la roue du jugement, sur laquelle repose essentiellement le système de jeu. Chaque action effectuée au cours d'un affrontement fera apparaître une roue. Un axe va alors la parcourir, il faudra appuyer avec un bon timing lorsque l'axe pénètrera certaines zones. En fonction dudit timing l'attaque sera plus ou moins puissante.

Dans le premier Shadow Hearts, malgré la présence de ce mécanisme, les combats restaient relativement mous la faute à des animations plutôt lentes. Ce problème a été corrigé dans Covenant qui nous offre, dés lors, un système de combat réellement jouissif à la fois dynamique et stratégique. Le coté tactique est aussi renforcé par le système de SP (Sanity Points). Chaque personnage disposent d'un certain nombre de SP, lorsqu'il atteint 0 ceux-ci deviennent alors incontrôlables.


Shadow Hearts introduisait un concept à la fois simple et efficace mais demeurait très classique et manquait de diversité, sa suite pallie à ce défaut en intégrant un mécanisme de customisation de la roue. Il est dorénavant possible de modifier le nombre et la taille des zones, d'ajouter différents effets aux attaques physiques ou encore changer le type de roue avec laquelle on souhaite jouer.

Le second épisode incorpore, de même, un nouveau système de magie. Durant l'aventure il sera possible de trouver des objets, les Crest, qui vont permettre à chaque personnage d'apprendre des magies s'ils en sont équipés, la seule limite étant celle imposée par le système de points de compétence.

A coté de ça, les membres de l'équipe possèdent chacun des compétences qui leur sont propres (pouvant donner lieu à des quêtes annexes). A titre d'exemple on peut citer les fusions de Yuri, l'art de l'escrime de Karin ou encore les prise de Catch de Joachim...

Enfin, il faut aussi citer le système de combos qui permet tout simplement d'enchainer les attaques de plusieurs personnages dans le but d'obtenir des dégâts supplémentaires. Cette subtilité peut s'avérer efficace contre les boss, à condition de penser à veiller aux SP, qui peuvent tomber très vite lorsqu'on l'utilise.


A l'instar du premier Shadow Hearts, L'histoire de Covenant se déroule dans le monde réel durant le premier quart du 20ème siècle, au début de la première guerre mondiale. Ce contexte historique confère au titre une atmosphère particulière. Celui-ci se déroulera tout d'abord en Europe pour ensuite se conclure au japon.

Une des choses qui fait particulièrement plaisir est de voir un RPG nippon se dérouler en Europe. Il sera donc possible de traverser des villes comme Florence, Paris, Cannes, Southampton... En dehors du fait qu'il est très agréable de traverser ces cités, cela confère au titre une ambiance particulière. Le contexte de guerre, même si très largement adapté, dans lequel a lieu l'aventure participe aussi à la création de cette ambiance. Cependant, même si celle-ci se démarque largement d'autres JRPG, on remarque que le coté survival-horror propre à Koudelka et au premier Shadow Hearts est moins présent ce qui peut être dommage.

En dehors des villes, il est aussi agréable de trouver des énigmes dans les donjons. Celles-ci sont généralement abordables mais certaines pourront être de vrai casse-tête. Le jeu est ici très bien construit car on retrouvera généralement les énigmes les plus accessibles durant l'aventure pour ne pas bloquer abusivement le joueur (même si certaines ne sont quand même pas si faciles). Les énigmes les plus difficiles sont, généralement, réservées aux quêtes annexes.

Il peut être reproché à Covenant sa trop grande linéarité ou encore ses environnements trop exigus notamment dans les villes que l'on aimerait pouvoir visiter bien plus en profondeur. Mais à coté, le jeu est tellement prenant qu'on lui pardonnera ces petits points noirs.

Graphismes

L'un des défauts du premier opus était, sans conteste, son retard technique et ce, malgré l'ambiance de folie dont il disposait. Son successeur offre des graphismes bien plus propres aussi bien au niveau des personnages, bien mieux modélisés, que des environnements, même si ceux ci manquent parfois d'un peu de finesse notamment dans les donjons. Bien sur il pourra toujours être reproché des PNJs qui manquent de vies (souvent immobiles), souffrant de l'effet copier/coller ou encore certains décors parfois un peu trop austères mais de façon général SH : Covenant s'en tire avec les honneurs.

Musiques

Que dire de l'OST de Shadow Hearts : Covenant à part qu'elle est superbe ? Composée par Yoshitaka Hirota, avec la participation de Yasunori Mitsuda ou encore de Kenji Ito, qui nous livre une bande-son de toute beauté. Au départ, j'avoue avoir été un peu septique sur la qualité des musiques, la faute au battles thèmes et aux boss thèmes assez déroutant. Mais plus on avance dans le jeu plus on se rend compte de la qualité des compositions d'Hirota. A l'image du jeu l'OST est à dominante sombre, ce qui est mis en avant par des rythmes plutôt lents, une grande place accordée au piano, au violon et parfois à la guitare représenté par des titres comme "Kallen", "Never Ending Sadness" sans oublier le magnifique "The Fate". A coté, on trouve aussi des musiques bien plus rythmés, d'autres surprenante, certaines plus reposante à l'image des thèmes de ville tel que "Memories of Melodies", ou encore totalement décalées "The name's Grand Papillon" ou "Dear, My Dressmaker".


La principale force de la bande sonore réside dans le fait de coller parfaitement à l'ambiance si particulière, nous livrant d'excellentes compositions tout en conservant une forme de cohérence.

Durée de vie

Le scénario de Shadow Hearts : Covenant se termine entre 30 et 40h ce qui reste dans la moyenne des J-RPG. Mais cette durée de vie est complétée par les nombreuses quêtes annexes qui rallongent la durée de vie du soft qui pourra alors atteindre les 60h voir plus. Bref une longévité qui reste honorable.

Reprenant et améliorant les bases posées par le premier Shadow Hearts, Nautilus nous offre un grand jeu. Mature, passionnant et sombre couplé à un système de jeu intelligent et complet, Shadow Hearts : Covenant s'impose donc comme un jeu d'une très grande qualité, qui se place aisément comme un indispensable de la PS2 voire comme l'un des meilleurs J-RPG tout simplement.

Points forts
Points faibles
Yuri, l'un des meilleurs héros jamais créé.
Le reste du casting beaucoup moins travaillé.
Le système de jeu basé sur la roue du jugement, simple mais terriblement efficace.
Des environnements restreints, un jeu très linéaire.
L'ambiance mystico-démoniaque teintée de première guerre mondiale.
L'OST sombre, collant parfaitement avec l'univers du jeu... excellente.

Test Shadow Hearts 2
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